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Charlotte Lakits

Charlotte Lakits
Stagnations

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Catégorie photographie plasticienne
Université Paris-Sorbonne, France
Référent : Yann Datessen

 
 
Los Angeles sous le smog. Et toi, tu disparais dans la ville grise. Mais il y a quelque chose de beau. Cela ressemble à ton âme, un peu brumeuse. Hier on te disait « Mademoiselle ». Maintenant on t’appelle « Madame ». Mais tu n’es qu’une enfant qui ramasse des fleurs sur un chemin incertain. Dans le métro, tu fais des choix. Je serais ci, je ferais ça. Mais où tu vas, tu ne sais pas. Aujourd’hui, tu as 20 ans. C’est le temps du songe et de la rêverie. Tout te presse à faire un choix. Ne peux-tu pas te décider enfin ? « Que vas-tu bien pouvoir faire de ta vie ? ». Tu rêves que tu marches dans une forêt, loin. Un bref instant, la nature s’est figée autour de toi. Tu te tiens immobile et absente. Tout est plus lent. Les plantes, des formes libres te narguent.
Tu n’auras qu’à les imiter

Avec cette série, c’est un état d’esprit que j’ai voulu dire. Un état de rêve éveillé, de projections et de fantasmes. J’ai voulu montrer sa façon d’envelopper le corps. Le temps est suspendu, le corps absent, la pensée trop présente, pesante. 30 images, 15 diptyques. Il peut être n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. La lumière est celle du soir ou du petit matin, celle encore d’un sous-bois l’après-midi. Ce que l’on retient c’est le noir, le décors du rêve. Dans cette pénombre, apparaissent les corps. Ils sont comme prisonniers d’une masse qui rend leurs mouvements plus lents, plus difficiles. Les regards sont tournés vers l’extérieur mais ne voient plus qu’un unique point quelque part dans la nature hypnotique. La pensée se retrouve projetée dehors. Comme si elle pouvait se sauver, aller quelque part, hors de ce corps qui l’étouffe. C’est alors qu’a lieu la confrontation, appuyée par les diptyques. Dans les plantes s’observe la plus grande liberté pour les plus petites choses. En proie à un vertige, c’est les corps qui se figent. Dans ce face à face, finalement c’est l’absence de projection – comme absence de projet – qui resurgit.
Comme il est bon alors de rester tapis dans l’ombre de la forêt.