du 22 juin au 02 sept.

manège
rochambeau

de 14h30 à 18h30
fermé le mardi

My country people
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Figure majeure de la photographie documentaire contemporaine, Inta Ruka est une artisane de la beauté universelle. En s’attachant aux personnages qui composent la Lettonie rurale d’aujourd’hui, l’artiste balte renoue avec sa propre histoire et son enfance, à une époque où son pays faisait partie de l’Union soviétique. Chacune de ses images révèle la grande complicité qu’Inta Ruka entretient avec les sujets qu’elle photographie. Ses portraits en noir et blanc font, en quelque sorte, ressusciter un monde ancien, promis à la disparition.

Votre premier souvenir photographique, la première émotion liée à une photographie

Ma mère avait pour habitude de feuilleter des albums photo. Parfois nous le faisions ensemble. Il y avait des photos en noir et blanc, des portraits de membres de la famille, des photos de mariages ou d’enterrements. Ma mère connaissait chaque personne sur ces photos. Elle me racontait leur histoire. La mémoire visuelle, c’était important pour elle.

 

Le ou la photographe qui a suscité votre émotion

Egons Spuris, Andrejs Grants, des photographes lettons, ont joué un rôle très important au début de mon parcours. Ce sont de grands photographes, j’admire leur travail. Et puis, il y a eu Imogene Cunninghem et August Sander. J’aime toujours autant leurs oeuvres. Avec le temps, j’ai aussi découvert d’autres photographes dont j’admire le travail: Lars Tunbjork, Walker Evans, Brassai, Robert Doisneau, Viviene Meiers, Nan Goldin, Henri Cartier-Bresson, Joakim Brolin, Ville Lenkeri…

 

 Votre première photo

 Quand j’ai eu mon premier appareil photo j’ai fait un portrait de ma mère. J’avais 19 ans.

Le pire souvenir photographique

Un jour, c’était dans les années 1980, je prenais des photos de paysages. Je voyais une ferme en arrière-plan, elle était très loin. Le temps était parfait : le ciel était d’un bleu éclatant. Je circulais à bicyclette à travers une prairie en fleurs. A 1km environ de la ferme, trois chiens se sont mis à courir vers moi. Ils étaient très énervés. Je suis restée sur mon vélo avec mon tripied et mon appareil photo. J’ai crié comme jamais auparavant. Quelqu’un m’a entendue de la ferme et est venu me secourir. C’était de bons chiens de garde. Mais depuis cet épisode, j’ai très peur des chiens.

 

Votre plus beau souvenir photographique

J’ai de nombreux souvenirs merveilleux car j’ai rencontré tant de gens différents. J’aime prendre le temps d’être avec eux et d’écouter leurs histoires… En ce moment je réalise une nouvelle série qui s’appelle « Sous le même ciel ». Je vais souvent dans une petite ville à 40 km de la frontière russe. Ces gens sont formidables. L’été dernier j’ai rencontré Valdis Kamaldiņš. Un homme fantastique. Quand il était petit, il regardait le ciel, en rêvant de se mettre à voler. Il a trouvé un livre russe qui expliquait comment fabriquer un avion. Il a construit un prototype. Cela a pris des années. Mais il a fait une erreur. Et l’avion n’a pas pu voler. Récemment, ne perdant pas de vue son rêve, il s’est remis à la construction de son engin. A 68 ans !