Projections, le petit cinéma

Photographie Valentin Sidorenko

Ma famille a toujours été un tout – les membres de la famille du côté de ma mère et de mon père se réunissaient pour les mariages, les anniversaires et les fêtes de fin d’année. Ce lien commençait à se briser lorsque je suis né, au milieu des années 90. Des membres de ma famille sont morts avant que j’aie pu les connaître, leur parler, les aimer. Des années plus tard, j’ai commencé à les rencontrer séparément via nos archives de photos de famille. C’est ainsi qu’a commencé ma recherche sur les racines familiales.

Il m’est apparu que la famille n’est pas seulement formée des personnes avec lesquelles on passe son enfance, mais aussi de la mémoire qui peut générer des liens à travers le temps, et donc briser les frontières. En effet, deux familles vivant dans des lieux différents à des époques différentes ne peuvent rien avoir en commun, mais elles peuvent avoir un avenir commun. Chacun de nous, en étant né, complète la chaîne dans le présent, mais la chaîne n’existe pas sans la mémoire.

Photographie Maxime Riché

Le 8 novembre 2018, le mégafeu Camp Fire ravageait la ville de Paradise (Californie) en 4 heures, faisant 89 victimes. En 2021, le  Dixie Fire se déclenchait sous les mêmes lignes électriques des collines environnantes.  

 J’ai rencontré ceux qui reconstruisent leur « paradis » dans un lieu désormais brutalement inhospitalier. Pour rendre compte de leurs émotions, j’emploie un film infrarouge dont les couleurs flamboyantes ponctuent la normalité ténue d’une vie qu’ils tentent de retrouver, avec la peur du prochain mégafeu au ventre. 

 Paradise est une parabole sur notre capacité à (nous) reconstruire après des incendies dont les causes sont, de façon croissante, humaines. Elle suggère notre séparation toujours plus grande avec la nature, notre hubris à vouloir aller contre elle à tout prix

Site de l’artiste : https://maximeriche.com/