Robert Bui

Photographie Robert Bui

Au pluriel

Je marche sur de vieux chemins. Ils avaient disparu. Je les avais oubliés. Je vivais au cœur de la même vallée, empruntant chaque jour les mêmes routes sans me douter qu’ils étaient là. Lovés. Endormis. Silencieux.

Les redécouvrir, accepter de vouloir les suivre. Oser grimper leurs côtes et prendre les virages jusqu’aux nouveaux cols, aux nouvelles vallées où ils pouvaient me mener a pris du temps. Il a fallu de la patience, de la réflexion, des silences.

Je vis en polyamour depuis presque deux ans. La découverte de ce schéma de relation affective hors des normes « classiques », inculquées à travers notre éducation et notre société est une expérience de chaque jour, de chaque sens. Je l’accueille, la découvre et l’observe de manière sensuelle; comme des retrouvailles avec une liberté longtemps enfouie, longtemps rêvée.

Je marche, à travers des lieux nouveaux, des sensations nouvelles. Je marche dans ces forêts neuves, les sens en éveil, j’y cueille des moments d’amour, de contemplation et de suspension, à chaque endroit où la tendresse me semble pousser, en abondance. L’amour dans ses joies tendres, ses doutes, ses fragilités.

           

Les images de mes partenaires se côtoient mais ne se croisent jamais. Comme dans la vie, tou.s.tes savent et approuvent la présence des autres, leurs existences forment un entrelacement de chemins qui parfois se frôlent, serpentent à des kilomètres les uns des autres.

Aucun visage, de la peau, du grain, des montagnes, du soleil et de la neige.

Photographie Robert Bui
Photographique Robert Bui